Le câble en France :
Les réseaux.
Les réseaux français prennent en compte diverses normes :
- Les chaînes télévisées analogiques
- Norme L, couleur SECAM et DVB-S, pour les réseaux français
Normes B,G,I, couleur PAL, exclusivement en zone frontalière (2% des abonnés)
- La TNT
Les émissions satellitaires
- Le terminal numérique DVB-C (QAM) fonctionne comme un tuner TV il est équipé d'une carte d'abonnement.
Historique :
Le câble français rattrape son retard.
A la différence des principaux pays qui ont développé leurs réseaux câblés dès la fin des années 1940
(Amérique du Nord, Suisse, Bénélux), la France a lancé son "plan câble" en novembre 1982.
Alors que la modernisation du réseau téléphonique national est un véritable fleuron de la technologie française,
la télédistribution de programmes de télévision va s'avérer un cuisant et fort coûteux échec. Après quelques expérimentations
de télédistribution collective dans plusieurs régions (ensembles immobiliers, immeubles HLM et co-propriétés) à la fin des
années soixante-dix, l'arrivée de François Mitterrand en 1981 marque un certain tournant.
Avec la libéralisation des ondes
(radios libres de la bande FM), et en prévision du lancement de chaînes commerciales (Canal+, La Cinq, TV6…),
l'État français entend lancer le câblage de la France. Avec le succès du Minitel, la direction générale des télécommunications
(ancien nom de France Télécom) entend s'associer avec de puissants industriels (Alcatel, Thomson, Philips, Velec, CGCT…)
afin de constituer ces réseaux. Aujourd'hui le câble tient sa revanche en France : depuis l'unification autour d'une seule
entité, Numericable, les investissements ont fortement repris (200 millions d'euros par an) et permettent aujourd'hui de rénover
le réseau existant en fibre optique distribué jusqu'en pied d'immeuble. Cette technologie permet d'apporter l'Internet 100 Méga,
la TV HD en qualité MPEG (jusqu'à 14Mbit/s), la VOD, le téléphone illimité...
Le câble a un régime très spécial :
Exactement calqué sur le régime de la distribution de l'eau, l'attribution des "concessions" pour la télédistribution vont
représenter un moyen supplémentaire de financer les partis politiques (de tous bord) à une époque où il n'existe pas d'autre
moyen pour alimenter les caisses des RPR (futur UMP), UDF, du PS, du PCF, etc. Le principe bien que simple, surprend tous les
observateurs étrangers pour son caractère totalement obscur : chaque attribution ne fait pas l'objet d'un véritable appel
d'offres (l'opérateur le moins cher, le plus efficace, le plus respectueux de l'attente des futurs abonnés),
les choix techniques ne sont pas harmonisés au plan national et enfin, l'offre commerciale peut être totalement
différente selon tel ou tel opérateur. Ainsi, le contribuable français va payer de sa poche et par de très
lourdes subventions publiques, la constitution de réseaux de télédistribution dont l'objet est totalement commercial,
qui ne vont toucher que les grandes villes et y compris dans ces communes, un tout petit nombre de foyers de 1982 à 1995.
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Le câble en France :
Elitiste dans le passé, démocratisé depuis 2007.
Concernant les choix stratégiques et technologiques, l'État français va accumuler les erreurs.
Au lieu d'adopter un
standard unique compatible avec les normes en vigueur dans toute l'Europe (le standard PAL) ce qui aurait permis de proposer
des équipements à faible coût industriel, les pouvoirs publics imposeront le maintien du Sécam, exigeront la création d'une
norme (D2Mac) et iront même jusqu'à lancer la Haute Définition (HD Mac), toutes deux totalement incompatibles avec les
équipements existants. Ces normes seront abandonnée au bout de 5 années d'exploitation, remplacées par le numérique (norme DVB).
Alors que tous les pays voisins combleront leur retard en exploitant le PAL et une offre câble nationale, la France persistera
dans ses choix suicidaires. Ainsi, l'abonné au câble de Paris 17e aura le choix entre 15 chaîne pour 38€ par mois (250 F)
nécessitant un décodeur "Visiopass" alors qu'à quelques dizaines de mètres de chez lui, de l'autre côté du périphérique,
son cousin qui habite Clichy paiera 28 € par mois (180 F) pour 20 chaînes sans décodeur.
Parmi les principaux acteurs du
Câble en France dès le milieu des années 1980, on retrouvera France Télécom (DGT), La Lyonnaise des Eaux (Paris Câble futur Noos),
la Générale des Eaux (future Vivendi, réseau NC Numéricâble), la Caisse des Dépôts, la SAUR (Bouygues) et divers acteurs
indépendants rattachés à certaines communes. Ainsi, les pouvoirs publics auront choisi la pire des configurations,
en totale incohérence par rapport aux attentes du public : retards considérables dans l'implantation des réseaux,
marché "verrouillé", technologie incertaine, offres commerciales confuses et non harmonisée, coût d'abonnement prohibitif...
Fibre optique et "usine à gaz" :
Pour contrecarrer la concurrence étrangère, une autre stratégie sera imposée par l'État français : la fibre optique.
Dotée d'une certaine avance technologique et industrielle, l'implantation de la fibre optique représentera au total
2 milliards d'euros (une dizaine de milliards de francs) visant une nouvelle fois à soutenir les grands groupes français
(Alcatel en tête). À l'arrivée, les quelques kilomètres de réseaux optiques installés dans une dizaine municipalités
privilégiées seront... Démantelés et remplacés par des réseaux hybrides à transport optique et distribution coaxiale.
Note : le coût d'une prise câble en fibre optique revient alors à 7.600 € par foyer raccordé (50.000 F),
pour simplement lui permettre de zapper durant cette période, sur une quinzaine de chaînes et services interactifs
spécifiques et utiliser pour quelques rares privilégiés un visiophone en noir-et-blanc.
Quant à la qualité d'image et de son, le standard Sécam de l'époque (plus "sensible" aux perturbations que le PAL
européen, doté d'un canal audio mono en AM, souvent "filtré" des services du Télétexte...) imposera d'y rajouter le
D2 Mac pour palier ces pénibles limites. De plus, chez de nombreux câblo-opérateurs, l'accès à Canal+ nécessitera un
décodeur à rajouter à l'installation, ce qui compliquera encore "l'usine à gaz" du câble français. Ainsi, en plein
cœur de Paris en 1993, si l'on avait la chance que son immeuble soit câblé, pour bénéficier de toute l'offre
(une vingtaine de chaînes spécifiques dont une dizaine en langues étrangères !) y compris Canal+ en qualité optimale,
il fallait dépenser 121 € (800 F) pour l'installation initiale + jusqu'à 79 € (520 F) par mois pour l'accès à toutes
les chaînes et la location des décodeurs, sachant qu'à cette période deux boîtiers étaient nécessaires
(dont un à la norme D2 Mac).
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Ses concurrents : satellite, ADSL et TNT :
Le coup de grâce sera porté dès la fin des années 1980, lorsque le public découvrira qu'il peut recevoir des chaînes de
télévision "gratuites" en installant une parabole individuelle.
Coincé dans une politique "tous azimuts", l'État français
souhaitera se protéger de l'offre satellitaire étrangère (Luxembourg, Royaume-Uni) tout en tentant de privilégier les
câblo-opérateurs. Ainsi, un traité franco-allemand permettra de lancer une très coûteuse série de satellites à forte
puissance : TDF1/2 qui adoptera la nouvelle norme analogique D2 Mac (et HD Mac).
Au début des années 1990, le satellite
Astra diffusera sur la totalité de l'Europe, des chaînes cinéma, sportives, généralistes, de fiction, jeunesse, musicales
et d'information dont un grand nombre resteront en clair (gratuites) durant plusieurs années. Le prix de l'équipement pour
les recevoir (parabole + boîtier récepteur) ne cessera de baisser pour atteindre 500 F (le "kit") en 1993, période où
l'américain Ted Turner lancera une chaîne de cinéma et dessins animés en français (et VO) totalement gratuite
"TNT-Cartoon", ce qui déclenchera une campagne politico-médiatique en faveur de "l'exception culturelle française"
pour dénoncer cette "invasion américaine".
Mais au lieu de protéger le câble national, en traitant l'événement
à chaque journal télévisé, les pouvoirs publics feront à leur insu, une formidable promotion en faveur du satellite.
En 1994, forcés de limiter ce phénomène, les principaux acteurs du câble, lancent Canalsatellite
(slogan : "le Câble par la parabole").
Mais pour des motifs de non concurrence, l'offre est limitée (12 chaînes),
chère et nécessite également jusqu'à trois décodeurs ou boîtiers ! Le véritable coup d'arrêt du câble en France sera
marqué par les lancements commerciaux successifs de Canalsatellite numérique (avril 1996), d'AB sat (novembre 1996) et
TPS (décembre 1996). Dès lors, la compétition câble/satellite sera en faveur de la parabole : couverture de 100% de l
a France, offre d'une centaine de chaînes, qualité numérique, abonnements compétitifs à partir de 8 € par mois (50 F)
pour AB sat, prix de l'installation financé par les éditeurs…
À la même période, le câble commencera à peine à se numériser
(moins de 20% des réseaux seront en mesure de proposer le numérique jusqu'en 2002).
Coûts d'investissement :
Enfin, la comparaison relative à l'investissement pour les deux vecteurs est sans appel : il faut 1.850 € minimum
(12.000 F) pour créer une prise permettant de raccorder un foyer au câble en France alors que le coût d'un futur abonné
effectif au satellite ou à l'ADSL-tv revient à environ 380 € (2.500 F).
De plus, le câble engendre de considérables coûts
de maintenance (changement du réseau coaxial tous les dix ans, gestion du spectre complexe, reprise de programmes TV locaux, etc...).
En 2006, on peut estimer qu'il existe près de 25 millions de personnes (8 millions de foyers) qui bénéficient d'une offre
télévisuelle par satellite (gratuite ou payante) contre un peu moins de 7 millions de personnes (2,5 millions de foyers)
abonnés à une offre câble.
Pour information, le nombre d'abonné au câble en France est quasiment statique depuis 1998
alors que la croissance du satellite est proche de 12% actuellement et de plus de 20% pour l'ADSL-tv. Le nombre d'abonnés
à l'ADSL-tv a dépassé celui des abonnés au câble en 2004.
Les offres et le marché:
Pour l'usager, le câble analogique ne nécessite pas l'achat d'une antenne ou d'un décodeur, il est donc théoriquement
sans coût d'entretien pour l'offre analogique Sécam (devenue obsolète), ce qui n'est pas le cas du numérique qui nécessite
un terminal spécifique par écran de télévision.
Inversement, la maintenance et la mise à niveau des infrastructures demandent
aux opérateurs d'importants budgets, difficiles à couvrir. En effet, le marché de la télévision en France est dynamique et
les concurrents nombreux. En comparaison, les investissements des opérateurs satellites et ADSL laissent plus de marge.
Ces coûts liés à l'infrastructure, s'additionnant à ceux des services d'aide aux abonnés, ont amené les acteurs du marché
à adopter des stratégies de cession puis de fusion. Devenus inutiles pour le financement des partis désormais règlementé en
France, les câblo-opérateurs souvent actionnaires des chaînes ou bouquets du satellite (Suez, Vivendi, Bouygues…) se sont
désengagés sans exception de cette activité. En 2006, les 2 derniers câblo-opérateurs, UPC-Noos et Numericable choisissent
de se marier. Seuls les réseaux exploités par des collectivités locales et des régies subsistent par ailleurs. On notera qu'il
est surprenant que le câblage de la France ait été payé par le contribuable au titre d'un "service d'intérêt général",
ait financé municipalités, partis politiques et grands groupes industriels et qu'en 2006, 99% des câblo-opérateurs
appartiennent à des fonds d'investissement américano-luxembourgeois (Noos est détenu par Cinven et Altice).
Ces opérateurs proposent, en option, les chaînes des bouquets satellitaires français :
- TPS
- CanalSatellite
- AB Sat
Le nombre d'abonnés est resté officiellement stable depuis une vingtaine d'années :
20% du parc des téléviseurs domestiques environ. Toutefois une partie de ces abonnés sont dits captifs, tels que les
locataires de HLM pré-équipés.
Ceux-ci représentent officiellement 15% du parc. Précisions : un amalgame est fait par
les câblo-opérateurs pour dénombrer la totalité de leurs abonnés. De fait, près de 35% de ces "abonnés" ne reçoivent
qu'un très petit nombre de chaînes spécifiques en complément aux chaînes nationales.
Et l'arrivée de la TNT a rendu encore moins intéressant ce type de "Service Antenne" (l'offre TNT comprend davantage de chaînes -
de surcroît totalement gratuites - que l'offre payante du mini "Service Antenne" des câblo-opérateurs).
On peut légitimement
estimer que le nombre des abonnés à une véritable offre TV élargie et spécifique par le câble s'élève à près de 2,2 millions
d'abonnés (en 2004). Mais le nombre de désabonnements reste une donnée tabou pour les opérateurs. Il semble toutefois qu'entre
2002 et 2006, ce phénomène se soit fortement accentué.
À la fin de l'année 2006, en raison de la fusion technico-commerciale
des différents opérateurs sous la bannière unique de Noos, de très nombreux foyers ont résilié leur abonnement ou déclarent
le faire prochainement : pannes, qualité considérablement affectée, facturations incohérentes, impossibilité de joindre les
conseillers au centre d'accueil téléphonique (facturé à la minute)… Une association "Les déçus du câble" représentant
plusieurs centaines de clients ira même jusqu'à porter plainte auprès de la Concurrence et de la Répression des
Fraudes (DGCCRF).
Pays utilisant la norme L:
Les réseaux peuvent distribuer un peu plus de trente chaînes analogiques en norme L Couleur SECAM (K' dans les DOM-TOM) sur
95% du territoire et à la norme B,G,I couleur PAL en zone frontalière ou converties du numérique (par la prise Péritélévision).
C'est l'abonnement basique. Le téléviseur, associé à un tuner dit câble doit donc être compatible avec ces normes et ces standards
de couleur.